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		<title>Le retour de Silas Jones</title>
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		<description>Et de trois. Apr&#232;s la fresque br&#251;lante (La Culasse de l'enfer), la chevauch&#233;e baroque (Smonk), Tom Franklin nous revient avec un d&#233;j&#224; classique du genre. Un roman noir du Sud, magnifique histoire de deux hommes si loin si proche, Silas Jones et Larry Ott. Le premier est du c&#244;t&#233; de la loi, constable de son &#233;tat, ancien joueur de base-ball prometteur et d&#233;sormais pr&#233;pos&#233; &#224; la circulation, assurant la sortie de la grande scierie locale. Le deuxi&#232;me est Larry le Pourri, depuis son (...)

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_753 spip_documents spip_documents_right' style='float:right; width:120px;'&gt;
&lt;img src='http://www.polars.org/local/cache-vignettes/L120xH181/silasjones-915d8.jpg' width='120' height='181' alt=&quot;&quot; style='height:181px;width:120px;' /&gt;&lt;/span&gt;
Et de trois. Apr&#232;s la fresque br&#251;lante (&lt;i&gt;La Culasse de l'enfer&lt;/i&gt;), la chevauch&#233;e baroque (&lt;i&gt;Smonk&lt;/i&gt;), Tom Franklin nous revient avec un d&#233;j&#224; classique du genre. Un roman noir du Sud, magnifique histoire de deux hommes si loin si proche, Silas Jones et Larry Ott. Le premier est du c&#244;t&#233; de la loi, constable de son &#233;tat, ancien joueur de base-ball prometteur et d&#233;sormais pr&#233;pos&#233; &#224; la circulation, assurant la sortie de la grande scierie locale. Le deuxi&#232;me est Larry le Pourri, depuis son adolescence et ce triste jour o&#249; sa premi&#232;re sortie avec sa premi&#232;re conqu&#234;te se termine par la disparition inexpliqu&#233;e de la belle. Pas de preuve impliquant Larry, mais la rumeur fait l'affaire. Et depuis le Pourri vit seul dans sa baraque, avec ses livres d'horreur, ouvre tous les jours son garage o&#249; plus aucun client ne s'arr&#234;te. Mais voil&#224; qu'un matin Larry prend une balle dans le buffet. Tentative de meurtre ? De suicide ? En rapport avec la disparition d'une nouvelle jeune fille, &#233;cho sinistre au drame d'antan ? Voil&#224; pos&#233;e l'intrigue. Pour le d&#233;cor, c'est donc le Sud et la toile de fond raciale, aujourd'hui comme hier ou presque. Qu'est-ce qui lie Silas et Larry ? L'enfance et la couleur de leur peau. Silas est noir, Larry est blanc. Et tout vient de l&#224;. Tout s'explique par l&#224;. Ce qui pouvait se faire ou pas, se dire ou pas, se montrer ou pas. M&#234;me dans les ann&#233;es 1980. Les blessures perdurent bien s&#251;r. La boue persiste sous la surface. Silas et Larry le savent. Des secrets, ils en partagent. Et d'autres jamais &#233;chang&#233;s, des aveux toujours diff&#233;r&#233;s. Qui rongent et fouillent les &#234;tres. Se taire et essayer d'oublier ? Evidemment non. Le retour de Silas Jones est un formidable roman du remord. Tom Franklin le ma&#238;trise avec une remarquable &#233;conomie de moyens, assez sid&#233;rante apr&#232;s la d&#233;bauche foutraque de &lt;i&gt;Smonk&lt;/i&gt;. Son &lt;i&gt;Retour...&lt;/i&gt; est comme ses personnages : assez taiseux, mais d'autant plus fort. Avec un final &#233;blouissant d'humanit&#233;. Belle r&#233;ussite. Une de plus.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Le D&#233;vouement du suspect X</title>
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		<description>Ishigami est math&#233;maticien. G&#233;nial. Mais sa vie n'est qu'addition de petits riens, routine vaine, ennui profond. Ishigami s'en contente, parce qu'un crayon et du papier lui suffisent pour s'&#233;chapper dans son monde de signes et d'&#233;quations. Et puis aussi parce qu'il est amoureux de sa voisine. Une gentille voisine, qui voit tout soudain son ancien mari violent revenir la tourmenter et menacer sa fille. Affolement et assassinat. Pas de panique : (...)

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_752 spip_documents spip_documents_right' style='float:right; width:120px;'&gt;
&lt;img src='http://www.polars.org/local/cache-vignettes/L120xH191/Devouementdususpectx-71842.jpg' width='120' height='191' alt=&quot;&quot; style='height:191px;width:120px;' /&gt;&lt;/span&gt;
Ishigami est math&#233;maticien. G&#233;nial. Mais sa vie n'est qu'addition de petits riens, routine vaine, ennui profond. Ishigami s'en contente, parce qu'un crayon et du papier lui suffisent pour s'&#233;chapper dans son monde de signes et d'&#233;quations. Et puis aussi parce qu'il est amoureux de sa voisine. Une gentille voisine, qui voit tout soudain son ancien mari violent revenir la tourmenter et menacer sa fille. Affolement et assassinat. Pas de panique : Ishigami intervient, pose les donn&#233;es, invente une solution. Avec sa logique imparable, ses op&#233;rations complexes. A la police de se casser la t&#234;te sur le probl&#232;me. &lt;i&gt;Le D&#233;vouement du suspect X&lt;/i&gt; est donc un roman &#224; &#233;nigme. Mais on peine &#224; &#233;crire &#171; classique &#187;, tant Keigo Higashino impose son ton dans cette affaire assez banale, comme dans son &#233;trange roman pr&#233;c&#233;demment, &lt;i&gt;&lt;a href='http://www.polars.org/spip.php?article401' class='spip_in'&gt;La Maison o&#249; je suis mort autrefois&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;. On pourrait regretter le manque de chair de certains personnages, r&#233;duire le roman &#224; un exercice de style virtuose mais froid. Sauf que. Cette esp&#232;ce de flou autour des &#234;tres, de leurs motivations, participe au charme v&#233;n&#233;neux de l'intrigue d'Higashino. M&#234;me avec cette histoire de logique pure, de puzzle qui se d&#233;voile pi&#232;ce apr&#232;s pi&#232;ce, l'auteur parvient &#224; cr&#233;er une ambiance trouble, inqui&#233;tante, ou en dehors des flics assez lisses (&#231;a change), chaque protagoniste r&#233;v&#232;le par intermittence quelque perturbante monstruosit&#233;. Se dessine progressivement la qu&#234;te abstraite d'Ishigami, vertigineuse perfection presque atteinte si n'&#233;tait l'inquantifiable variable humaine, insupportable. Ce roman du non-dit, du fantasme de contr&#244;le absolu, se termine sur un cri d&#233;chirant, irr&#233;pressible, un ab&#238;me de douleur assez traumatisant. Higashino impressionne et confirme : auteur &#224; suivre.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>L'impasse</title>
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		<description>Voil&#224;. On pressentait la chute &#224; venir dans le pr&#233;c&#233;dent et superbe r&#233;cit de Gene Kerrigan, Le ch&#339;ur des paum&#233;s. On voyait bien que le bolide irlandais fon&#231;ait dans L'Impasse, titre du dernier roman du bonhomme. Oui, la crise est pass&#233;e par l&#224;, et les l&#233;zardes mises &#224; jour dans Le ch&#339;ur des paum&#233;s se sont forc&#233;ment &#233;largies, minant tout l'&#233;difice social. Le g&#226;teau est tout rabougri, mais les plus voraces aiguisent leurs app&#233;tits. Au royaume des voyous, business is (...)

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_749 spip_documents spip_documents_right' style='float:right; width:120px;'&gt;
&lt;img src='http://www.polars.org/local/cache-vignettes/L120xH175/L_impasse-e86c3.jpg' width='120' height='175' alt=&quot;&quot; style='height:175px;width:120px;' /&gt;&lt;/span&gt;
Voil&#224;. On pressentait la chute &#224; venir dans le pr&#233;c&#233;dent et superbe r&#233;cit de Gene Kerrigan, &lt;i&gt;Le ch&#339;ur des paum&#233;s&lt;/i&gt;. On voyait bien que le bolide irlandais fon&#231;ait dans &lt;i&gt;L'Impasse&lt;/i&gt;, titre du dernier roman du bonhomme. Oui, la crise est pass&#233;e par l&#224;, et les l&#233;zardes mises &#224; jour dans &lt;i&gt;Le ch&#339;ur des paum&#233;s&lt;/i&gt; se sont forc&#233;ment &#233;largies, minant tout l'&#233;difice social. Le g&#226;teau est tout rabougri, mais les plus voraces aiguisent leurs app&#233;tits. Au royaume des voyous, business is business aussi, et quand un chef de gang d&#233;cide de lancer une OPA sur les petites entreprises concurrentes, les flingues s'&#233;chappent des attach&#233;s case et les n&#233;gociations se font exp&#233;ditives. Pas de piti&#233; &#224; Truandland, pas plus que dans le monde des affaires. Les mafieux de L'impasse sont des entrepreneurs comme les autres, nous raconte Kerrigan. Perdu dans ce bal des ordures, le h&#233;ros Danny Callaghan ne veut surtout pas entrer dans la danse. V&#339;u pieu &#233;videmment. Tu marches ou tu cr&#232;ves, c'est le syst&#232;me mon gar&#231;on. Sombre veine, que creuse toujours plus Kerrigan d'un roman l'autre. Ses coups de pioche dans &lt;i&gt;L'Impasse&lt;/i&gt; sont plus violents qu'auparavant, et il gagne en force ce qu'il perd sans doute en subtilit&#233;. La d&#233;ch&#233;ance de son juste dans Le ch&#339;ur des paum&#233;s &#233;tait finalement plus puissante que le fatal engrenage qui broie Callaghan ici. Mais L'impasse reste convaincant, notamment dans son style cin&#233;matographique (jusqu'&#224; la construction, avec sa troisi&#232;me partie : Au commencement, tr&#232;s tarantinesque, comme la couvertue en &#233;cho &#224; &lt;i&gt;Reservoir dogs&lt;/i&gt; choisie par l'&#233;diteur), o&#249; l'on retrouve l'influence des films noirs des ann&#233;es 1940 (comme le mentionne la quatri&#232;me de couverture) mais aussi de ceux de Scorcese et des fr&#232;res Coen (l'humour en moins). Kerrigan : un auteur plus que jamais &#224; suivre.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>En m&#233;moire de la for&#234;t</title>
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		<description>Sonatine croit en ce roman. Sinc&#232;rement. Pour l'&#233;diteur, s'il faut soutenir un seul titre dans son catalogue pour le deuxi&#232;me semestre 2011, En m&#233;moire de la for&#234;t s'impose comme une &#233;vidence. Une r&#233;v&#233;lation. Alors en avant la Grosse Bertha commerciale : en quatri&#232;me de couverture, En m&#233;moire de la for&#234;t devient un &#171; thriller hors normes &#187; dont l'auteur est &#171; d&#233;c&#233;d&#233; brutalement apr&#232;s avoir remis le manuscrit &#187; en 1996. Charles T. Powers ne sonne pas tellement (...)

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_748 spip_documents spip_documents_right' style='float:right; width:120px;'&gt;
&lt;img src='http://www.polars.org/local/cache-vignettes/L120xH188/Enmemoireforet-b3c68.jpg' width='120' height='188' alt=&quot;&quot; style='height:188px;width:120px;' /&gt;&lt;/span&gt;
Sonatine croit en ce roman. Sinc&#232;rement. Pour l'&#233;diteur, s'il faut soutenir un seul titre dans son catalogue pour le deuxi&#232;me semestre 2011, &lt;i&gt;En m&#233;moire de la for&#234;t&lt;/i&gt; s'impose comme une &#233;vidence. Une r&#233;v&#233;lation. Alors en avant la Grosse Bertha commerciale : en quatri&#232;me de couverture, &lt;i&gt;En m&#233;moire de la for&#234;t&lt;/i&gt; devient un &#171; thriller hors normes &#187; dont l'auteur est &#171; d&#233;c&#233;d&#233; brutalement apr&#232;s avoir remis le manuscrit &#187; en 1996. Charles T. Powers ne sonne pas tellement su&#233;dois, mais le syndrome &lt;i&gt;Millenium&lt;/i&gt; peut s'en passer. Les deux arguments sont repris par la Fnac qui dans son catalogue d'avant No&#235;l propulse &lt;i&gt;En m&#233;moire de la for&#234;t&lt;/i&gt; &#171; Coup de c&#339;ur &#187;. Bien. Imaginons maintenant l'amateur de thriller haletant se jetant sur le roman en frissonnant d'aise par avance. A la page 50, il dort. Le lendemain matin, il s'empresse de revendre &lt;i&gt;En m&#233;moire de la for&#234;t&lt;/i&gt; chez Gibert pour relire le dernier Grang&#233;. L'effet pervers d'une politique commerciale inepte. Si En m&#233;moire de la for&#234;t est &#171; un thriller hors normes &#187;, c'est parce le roman n'est absolument pas un thriller. Le rythme est d'une formidable lenteur, conforme au brouillard d'incertitude qui tombe sur le petit bourg polonais de Jadowia au tournant des ann&#233;es 1990. Personne ne sait trop, personne ne voit rien. Pass&#233; trouble, pr&#233;sent chancelant, avenir flou. Une phase de transition o&#249; ceux qui se piquent d'ordre nouveau seront bient&#244;t pri&#233;s d'aller se faire oublier ailleurs. La Pologne, toujours au mieux en zone grise. L&#224;-dessus, un meurtre. Dont on se fout bient&#244;t totalement. Et dont l'auteur pouvait d'ailleurs tout aussi bien se passer. L'enqu&#234;te du gentil paysan Leszek, sympathique personnage &#224; l'intellectualisme agricole tout de m&#234;me un brin suspect ? Elle m&#233;nage un suspense qui ne parviendrait m&#234;me pas &#224; essouffler Derrick. Alors quoi ? &lt;i&gt;En m&#233;moire de la for&#234;t&lt;/i&gt; est pourtant un assez beau roman, parfois un peu long et ennuyeux, mais qui souvent r&#233;ussit &#224; faire sourdre cette inqui&#233;tude indiscernable face &#224; l'Histoire qui se construit sur des ruines fumantes, alors qu'aucun compte n'est sold&#233;, jamais. Tourner la page du communisme en &#233;purant les ma&#238;tres d'hier ne fait que remonter &#224; la surface les enterr&#233;s d'antan, les Juifs effac&#233;s de la m&#233;moire collective polonaise. On peut, bien s&#251;r, toujours avancer sur des mensonges. Mais la route est sale, boueuse, on s'enfonce, on s'use. Mieux vaut s'arr&#234;ter, s'asseoir, regarder la v&#233;rit&#233; en face. La douloureuse v&#233;rit&#233;. Voil&#224; : &lt;i&gt;En m&#233;moire de la for&#234;t&lt;/i&gt; raconte &#8211; plut&#244;t bien - cette douleur l&#224;. Et pas autre chose.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>D&#233;solations</title>
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		<description>Un chapitre, un chapitre &#224; peine, et l'on sait que toute cette affaire est formidablement mal embarqu&#233;e. Il n'en faut pas plus &#224; David Vann, auteur de l'inaugural et saisissant Sukkwan Island en 2010, pour planter son r&#233;cit. Une histoire de couples avec des projets foireux comme autant de bou&#233;es de sauvetage, mais qui finiront par chavirer et couler &#224; pic. In&#233;luctablement. L'entr&#233;e en mati&#232;re de D&#233;solations est un chef d'&#339;uvre au noir. Tout est de toute (...)

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_747 spip_documents spip_documents_right' style='float:right; width:120px;'&gt;
&lt;img src='http://www.polars.org/local/cache-vignettes/L120xH175/Desolations-cc9e1.jpg' width='120' height='175' alt=&quot;&quot; style='height:175px;width:120px;' /&gt;&lt;/span&gt;
Un chapitre, un chapitre &#224; peine, et l'on sait que toute cette affaire est formidablement mal embarqu&#233;e. Il n'en faut pas plus &#224; David Vann, auteur de l'inaugural et saisissant &lt;i&gt;Sukkwan Island&lt;/i&gt; en 2010, pour planter son r&#233;cit. Une histoire de couples avec des projets foireux comme autant de bou&#233;es de sauvetage, mais qui finiront par chavirer et couler &#224; pic. In&#233;luctablement. L'entr&#233;e en mati&#232;re de &lt;i&gt;D&#233;solations&lt;/i&gt; est un chef d'&#339;uvre au noir. Tout est de toute fa&#231;on plomb&#233; par une enfance maudite, un traumatisme initial absolument fatal, et sinistrement reproductible. Alors bien s&#251;r les personnages s'agiteront. Tenteront de construire. Une cabane ridicule et de guingois sur une &#238;le perdue d'un lac en Alaska. Un mariage fantasm&#233; mais sans r&#233;el d&#233;sir. Tout est dit des &#233;checs &#224; venir d&#232;s les premi&#232;res pages. A quoi bon essayer ? A quoi bon lire ? C'est toute la force de David Vann. Nous pousser sur ce chemin balis&#233;, jusqu'au bout du bout qui ne peut nous surprendre, l&#224; bas, derri&#232;re le rideau de pluie. Le lecteur est comme les personnages. Il sait. Mais il avance. Voyons voir comment. Et l'exploration est &#224; la hauteur. Ent&#234;tement imb&#233;cile, incompr&#233;hension g&#233;n&#233;rale, renoncement veule, enthousiasme infantile, la famille accumule. On lit. On se laisse maltraiter. Le cadre n'en peut mais. La nature, omnipr&#233;sente, comme une consolation parfois, comme une mal&#233;diction pareil. Ni bonne ni mauvaise. Juste la nature, pure et sauvage. T&#233;moin neutre. Crime &#224; venir ? Forc&#233;ment. La r&#233;alisation est d'une belle perversit&#233;. On referme ce roman sans &#233;chappatoire profond&#233;ment d&#233;sol&#233;. Contrat parfaitement rempli.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Mis&#233;ricorde</title>
		<link>http://www.polars.org/spip.php?article414</link>
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		<dc:creator>JLF</dc:creator>



		<description>Prix du meilleur polar scandinave. Le bandeau rouge, d'entr&#233;e, plus refroidissant qu'autre chose. Des polars scandinaves, on s'en avalanche des tonnes depuis quelques ann&#233;es. Et, pour tout dire, d'&#234;tre ainsi enseveli nous donnerait plut&#244;t des envies de d&#233;sert aride. La nordique production surexploit&#233;e ? Tr&#232;s souvent, une b&#251;che glac&#233;e indigeste ou sans saveur. Alors Mis&#233;ricorde ? Un produit correct, qui ne vaut ni de s'&#233;nerver ni de sauter au plafond. Avec, dans (...)

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&lt;a href="http://www.polars.org/spip.php?rubrique5" rel="directory"&gt;6. Chroniques&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_746 spip_documents spip_documents_right' style='float:right; width:120px;'&gt;
&lt;img src='http://www.polars.org/local/cache-vignettes/L120xH174/Misericorde-9d0a4.jpg' width='120' height='174' alt=&quot;&quot; style='height:174px;width:120px;' /&gt;&lt;/span&gt;
Prix du meilleur polar scandinave. Le bandeau rouge, d'entr&#233;e, plus refroidissant qu'autre chose. Des polars scandinaves, on s'en avalanche des tonnes depuis quelques ann&#233;es. Et, pour tout dire, d'&#234;tre ainsi enseveli nous donnerait plut&#244;t des envies de d&#233;sert aride. La nordique production surexploit&#233;e ? Tr&#232;s souvent, une b&#251;che glac&#233;e indigeste ou sans saveur. Alors &lt;i&gt;Mis&#233;ricorde&lt;/i&gt; ? Un produit correct, qui ne vaut ni de s'&#233;nerver ni de sauter au plafond. Avec, dans le r&#244;le des enqu&#234;teurs, un tandem gentiment d&#233;cal&#233; : le flic tout seul, t&#234;te de lard difficilement g&#233;rable, classique on ne peut plus, mais sauv&#233; par son acolyte collant, homme de m&#233;nage aux talents d&#233;poussi&#233;rants, le s&#233;millant Hafez el Assad. La paire est &#171; improbable &#187;, prend bien soin de souligner la quatri&#232;me de couverture. Le duo est m&#234;me trop improbable, mais glissons. Nos amis se chargent d'enqu&#234;tes irr&#233;solues, et reviennent donc sur la disparition d'une femme politique en vue cinq ans plus t&#244;t. Fichtre ! La dame serait-elle s&#233;questr&#233;e depuis des lustres ? Sans doute, et de fort perverse mani&#232;re. Aussi cr&#233;dible qu'Hannibal Lecter d&#233;cidant de se mettre au point de croix, mais glissons encore. Pour un thriller r&#233;ussi, il faut un brin d'effroi bien frais, alors si c'est original, on peut s'amuser en toute invraisemblance. Le coupable et ses mobiles ? Allez, quand il d&#233;barque dans le r&#233;cit, on le rep&#232;re imm&#233;diatement, mais glissons &#224; nouveau. Avec son style parfaitement impersonnel, &lt;i&gt;Mis&#233;ricorde&lt;/i&gt; se lit quand m&#234;me, comme on regarde un &#233;pisode du Mentalist. Cerveau disponible, en se laissant porter, endormir. Les personnages, l'intrigue, et toutes ses pistes ouvertes qui permettront de nourrir les prochains &#233;pisodes d&#233;j&#224; annonc&#233;s, sont d'assez grosses ficelles. Mais on tend les poign&#233;es. Pour autant : prix du meilleur polar scandinave ? Sans rire ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>La Religion</title>
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		<description>La Religion n'est pas un polar. La Religion est un monstre. Pr&#232;s de 1000 pages excessives, d&#233;bordantes, d&#233;goulinantes et d&#233;vorantes. Un roman historique qui fait voler en &#233;clat les remparts du genre, largue une romance au milieu du chaos, bombarde bruit, fureur et amour sur un champ de ruines fumantes. Le contexte : Malte, en 1565, o&#249; prosp&#232;re l'Ordre des Hospitaliers de Saint-Jean de J&#233;rusalem, avant poste de la Chr&#233;tient&#233; menac&#233;e par la dynastie ottomane. Vir&#233;s quarante ans (...)

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_742 spip_documents spip_documents_right' style='float:right; width:120px;'&gt;
&lt;img src='http://www.polars.org/local/cache-vignettes/L120xH196/lareligion-5faa4.jpg' width='120' height='196' alt=&quot;&quot; style='height:196px;width:120px;' /&gt;&lt;/span&gt;
&lt;i&gt;La Religion&lt;/i&gt; n'est pas un polar. &lt;i&gt;La Religion&lt;/i&gt; est un monstre. Pr&#232;s de 1000 pages excessives, d&#233;bordantes, d&#233;goulinantes et d&#233;vorantes. Un roman historique qui fait voler en &#233;clat les remparts du genre, largue une romance au milieu du chaos, bombarde bruit, fureur et amour sur un champ de ruines fumantes. Le contexte : Malte, en 1565, o&#249; prosp&#232;re l'Ordre des Hospitaliers de Saint-Jean de J&#233;rusalem, avant poste de la Chr&#233;tient&#233; menac&#233;e par la dynastie ottomane. Vir&#233;s quarante ans plus t&#244;t de Rhodes, quelque 800 chevaliers de l'Ordre sont une nouvelle fois assi&#233;g&#233;s par les arm&#233;es turques, fortes de 30 000 hommes. C'est le &#171; grand si&#232;ge &#187; dans lequel se retrouvent pris le mercenaire Matthias Tanhauser et son comp&#232;re hercul&#233;en Bors de Carlisle, pour l'occasion chevaliers servants de la comtesse fran&#231;aise Carla La Penautier et de son &#233;trange dame de compagnie Amparo. L'intrigue avance d'une tuerie l'autre, massacres r&#233;p&#233;titifs et in&#233;luctables. Le destin de tous les assi&#233;g&#233;s est dans la victoire ou la mort. Rien d'autre. Willocks enferme son lecteur sur cette &#238;le maudite, et l'use et le harc&#232;le comme ses vagues musulmanes acharn&#233;es, sans cesse remontant &#224; l'assaut. Ses batailles somptueuses et terrifiantes sont comme autant de symphonies barbares, o&#249; jaillissent le sang, les larmes, la merde, la cervelle, tout ce que les corps d&#233;chir&#233;s et broy&#233;s de la soldatesque peuvent laisser gicler de liquides inf&#226;mes. Des sc&#232;nes qui n'&#233;pargnent rien, qui pourtant ne s'abiment pas dans un esth&#233;tisme de la violence suspect, mais qui sid&#232;rent et fascinent tout de m&#234;me comme elles poss&#232;dent et transcendent les guerriers eux-m&#234;mes. Les chevaliers de l'Ordre prient et ex&#233;cutent, communient et d&#233;p&#232;cent, et le lyrisme exacerb&#233; de Willocks parvient parfaitement &#224; rendre l'&#233;motion de ce mysticisme guerrier, de l'extase de la boucherie. C'est &#233;videment ignoble et r&#233;pugnant, absurde et vomitif, et jamais Willocks ne s'en r&#233;gale ni ne propose d'en jouir. Sacr&#233; tour de force, donc. Et comme on dit quand on veut convaincre le grand public d'aller voir un film/lire un livre, &lt;i&gt;La Religion&lt;/i&gt; renferme &lt;i&gt;aussi&lt;/i&gt; de belles histoires d'amour (et d'amiti&#233;), contrepoints &#224; l'horreur militaire. La violence des sentiments est toute aussi aiguis&#233;e, sauf que les personnages s'appliquent la plupart du temps &#224; la contenir, &#224; tenter de la domestiquer. Mais le bouillonnement est le m&#234;me. Gagner des c&#339;urs et percer des corps, dans le m&#234;me mouvement ou presque. La Religion ou la rage &#224; l'&#339;uvre. Immense.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Les fant&#244;mes de Belfast</title>
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		<description>De quoi parle-t-on ? D'un premier roman remarquable de ma&#238;trise, qui vaut &#224; Stuart Neville un coup de zoom plut&#244;t rare pour un &#339;uvre de genre en p&#233;riode de d&#233;ferlante rentr&#233;e litt&#233;raire. Or donc : ex&#233;cuteur des basses &#339;uvres de l'IRA pendant des lustres, Gerry Fegan, apr&#232;s douze ans de prison, n'est plus qu'une ombre au pays des ombres, hant&#233; par les victimes de douze de ses meurtres. Ces fant&#244;mes hurlent vengeance, et pour ne plus entendre leurs cris (...)

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_736 spip_documents spip_documents_right' style='float:right; width:120px;'&gt;
&lt;img src='http://www.polars.org/local/cache-vignettes/L120xH174/fantomesbelfast-034eb.jpg' width='120' height='174' alt=&quot;&quot; style='height:174px;width:120px;' /&gt;&lt;/span&gt;
De quoi parle-t-on ? D'un premier roman remarquable de ma&#238;trise, qui vaut &#224; Stuart Neville un coup de zoom plut&#244;t rare pour un &#339;uvre de genre en p&#233;riode de d&#233;ferlante rentr&#233;e litt&#233;raire. Or donc : ex&#233;cuteur des basses &#339;uvres de l'IRA pendant des lustres, Gerry Fegan, apr&#232;s douze ans de prison, n'est plus qu'une ombre au pays des ombres, hant&#233; par les victimes de douze de ses meurtres. Ces fant&#244;mes hurlent vengeance, et pour ne plus entendre leurs cris ricocher dans sa t&#234;te, l'ex-tueur alcoolique entame un nouveau massacre : il se d&#233;barrasse un &#224; un de ses ex-commanditaires reconvertis en politique, processus de paix oblige. Fegan est efficace, comme notre auteur qui &#224; son r&#233;cit impeccablement rythm&#233; (par les ripoux qui d&#233;canillent), ajoute un sinistre tableau de l'Irlande post-guerre de religion. Pas de h&#233;ros, de juste cause, pas plus que de r&#233;conciliation exemplaire. Juste des int&#233;r&#234;ts bien compris, des retournements de vestes opportuns, et des affaires qui doivent continuer &#224; rouler, toujours. Avec les m&#234;mes pauvres h&#232;res qui s'abiment, g&#233;n&#233;ration sacrifi&#233;e d'un conflit absurde dont les traumatismes ne se rincent pas d'un coup de lessive d&#233;mocratique. Le climat est &#224; peine plus respirable aujourd'hui qu'hier, et la lecture des &lt;i&gt;Fant&#244;mes de Belfast&lt;/i&gt; est effectivement une m&#233;chante apn&#233;e. Stuart Neville r&#233;ussit une belle galerie d'ordures o&#249; la marionnette Fegan, avec sa curieuse m&#233;thode r&#233;demptrice, est assez joliment expos&#233;e. Ses sc&#232;nes finales, version western tarantinesque, sont limite too much, mais le bougre l'emporte &#224; l'estomac. Dont acte. Mais de quoi parle-t-on ? D'un titre qui se retrouve dans la s&#233;lection T&#233;l&#233;rama et France culture de la rentr&#233;e, qui re&#231;oit du &#171; grand roman &#187; chez Jean-Marc Laherr&#232;re (son tr&#232;s productif blog Actu-du-noir), qui est adoub&#233; par le g&#233;ant James Ellroy en quatri&#232;me de couverture (formidable James qui jure vivre dans le noir et ne jamais rien lire tout en multipliant ces parrainages publicitaires). Dame ! N'en jetez plus ! &lt;i&gt;Les Fant&#244;mes de Belfast&lt;/i&gt; assure un r&#233;el plaisir de lecture, mais comme &lt;i&gt;&lt;a href='http://www.polars.org/spip.php?article407' class='spip_in'&gt;M&#233;langes de sang&lt;/a&gt;&lt;/i&gt; de Roger Smith quelques semaines plus t&#244;t, pour prendre l'exemple d'un autre premier roman. Que ces titres sortent autant du lot ne d&#233;voile qu'une chose : que 80 % de la production du genre ne m&#233;riterait m&#234;me pas d'encombrer les librairies. Rien de plus. Un bon roman n'est pas un grand roman. A force de jeter les superlatifs par les fen&#234;tres, certains vont finir par blesser quelqu'un. Et pousser &#224; prendre d'autres chemins.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Les heures lointaines</title>
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		<description>Mademoiselle Morton aime le gothique et l'&#233;poque victorienne. Donc les vieilles pierres, les ch&#226;teaux perdus, les fant&#244;mes et les souvenirs qui r&#244;dent, les secrets de famille. On trouve tout cela dans Les heures lointaines. Et aussi, &#233;norm&#233;ment, l'amour des livres, de ceux qui marquent une existence. Le personnage principal de Kate Morton, Edie Burchill, est de fait &#233;ditrice, qui bient&#244;t se retrouve &#224; mener l'enqu&#234;te au ch&#226;teau de Milderhurst, repaire jadis de (...)

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_734 spip_documents spip_documents_right' style='float:right; width:120px;'&gt;
&lt;img src='http://www.polars.org/local/cache-vignettes/L120xH195/heureslointaines-9a594.jpg' width='120' height='195' alt=&quot;&quot; style='height:195px;width:120px;' /&gt;&lt;/span&gt;
Mademoiselle Morton aime le gothique et l'&#233;poque victorienne. Donc les vieilles pierres, les ch&#226;teaux perdus, les fant&#244;mes et les souvenirs qui r&#244;dent, les secrets de famille. On trouve tout cela dans &lt;i&gt;Les heures lointaines&lt;/i&gt;. Et aussi, &#233;norm&#233;ment, l'amour des livres, de ceux qui marquent une existence. Le personnage principal de Kate Morton, Edie Burchill, est de fait &#233;ditrice, qui bient&#244;t se retrouve &#224; mener l'enqu&#234;te au ch&#226;teau de Milderhurst, repaire jadis de l'auteur de &lt;i&gt;La v&#233;ridique histoire de l'Homme de boue&lt;/i&gt;, roman &#224; succ&#232;s qui fut pour beaucoup dans sa vocation litt&#233;raire. L'incroyable b&#226;tisse est aujourd'hui habit&#233;e par trois s&#339;urs, les deux v&#233;n&#233;rables jumelles Saffy et Percy, et la cadette sexag&#233;naire Juniper. Les trois vieilles filles, prisonni&#232;res du ch&#226;teau par la volont&#233; du d&#233;funt &#233;crivain, cachent &#233;videmment bien des tourments pass&#233;s, des frustrations terribles, des regrets &#233;ternels. Kate Morton tisse sa toile classiquement, alternant pass&#233; (1939-1941) et pr&#233;sent, d&#233;voilant progressivement son intrigue. Elle n'est certes pas malhabile, mais que de tours et d&#233;tours inutiles dans cette affaire. Question d'atmosph&#232;re ? Sans doute. La d&#233;couverte du ch&#226;teau par exemple (jardin compris) : six chapitres et 54 pages. Dame ! Que voulez-vous, le ch&#226;teau est grand et ses couloirs (tunnels ?) n'en finissent plus. Tout comme n'en finissent plus l'accumulation de tous ces petits d&#233;tails pour rien, ces digressions avec la m&#232;re d'Edie (par qui tout commence), ces pr&#233;cisions longuettes sur la situation de l'amoureux de l'histoire. Sans doute Kate Morton pense-t-elle que de ce foisonnement na&#238;t le romanesque. Que non. Juste de l'ennui et l'irr&#233;pressible envie de survoler les pages, les 630 pages de ce roman qui pourrait fort bien en compter 200 de moins. Le principal int&#233;r&#234;t des &lt;i&gt;Heures lointaines&lt;/i&gt; ? Mettre en valeur les grands anciens qui savaient autrement y faire. Kate Morton n'est pas encore la digne h&#233;riti&#232;re de Wilkie Collins ou de Daphn&#233; du Maurier. Loin s'en faut.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Le Mur, le Kabyle et le Marin</title>
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		<description>Apr&#232;s deux galops d'essais bien d&#233;brid&#233;s mais loin de manquer d'int&#233;r&#234;ts (Le fruit de vos entrailles et Le g&#226;teau mexicain aux &#233;ditions Toute Latitude), Antonin Varenne avait franchi un cap en publiant en 2009 le piquant Fakirs chez Viviane Hamy. Avec Le Mur, le Kabyle et le Marin, il enfonce le clou, de la plus forte des fa&#231;ons. Varenne d&#233;roule son intrigue sur deux p&#233;riodes. En 2008 d'abord, avec en guise de flic fracass&#233; cette fois, un flic pas tout &#224; fait, de la (...)

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_733 spip_documents spip_documents_right' style='float:right; width:120px;'&gt;
&lt;img src='http://www.polars.org/local/cache-vignettes/L120xH187/LeMurleKabyleetlemarin-dc0de.jpg' width='120' height='187' alt=&quot;&quot; style='height:187px;width:120px;' /&gt;&lt;/span&gt;
Apr&#232;s deux galops d'essais bien d&#233;brid&#233;s mais loin de manquer d'int&#233;r&#234;ts (&lt;i&gt;&lt;a href='http://www.polars.org/spip.php?article281' class='spip_in'&gt;Le fruit de vos entrailles&lt;/a&gt;&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;&lt;a href='http://www.polars.org/spip.php?article315' class='spip_in'&gt;Le g&#226;teau mexicain&lt;/a&gt;&lt;/i&gt; aux &#233;ditions Toute Latitude), Antonin Varenne avait franchi un cap en publiant en 2009 le piquant &lt;i&gt;&lt;a href='http://www.polars.org/spip.php?article357' class='spip_in'&gt;Fakirs&lt;/a&gt;&lt;/i&gt; chez Viviane Hamy. Avec &lt;i&gt;Le Mur, le Kabyle et le Marin&lt;/i&gt;, il enfonce le clou, de la plus forte des fa&#231;ons. Varenne d&#233;roule son intrigue sur deux p&#233;riodes. En 2008 d'abord, avec en guise de flic fracass&#233; cette fois, un flic pas tout &#224; fait, de la municipale seulement. Beaucoup plus &#224; l'aise sur le ring que sur les rondes, fin technicien &#224; force d'exp&#233;rience, mais en descente de carri&#232;re &#224; moiti&#233; g&#226;ch&#233;e. Le bougre, surnomm&#233; le Mur, ne sait pas trop comment n&#233;gocier sa sortie des cordes sans les maigres primes gagn&#233;es qui financent au moins ses galipettes aux putes. Alors quand on lui propose de taper sur autre chose que des gars en short, il accepte. Gros bras pour commanditaire inconnu, m&#233;chante besogne. En alternance, Varenne nous ram&#232;ne ensuite &#224; la fin des ann&#233;es 1950, de l'autre c&#244;t&#233; de la M&#233;diterran&#233;e. L'Alg&#233;rie en guerre. Guerre sale, invisible dans la cave de la Ferme, un DOP (dispositif op&#233;rationnel de protection), administrative formule ne disant &#233;videmment rien de la torture syst&#233;matique et souterraine pratiqu&#233;e l&#224;. Un jeune appel&#233; s'y retrouve affect&#233;, infect&#233; bient&#244;t, m&#234;me s'il n'est que t&#233;moin de l'insupportable, refusant d'&#234;tre acteur. Celui que l'avenir surnommera le Marin rencontre en ce maudit lieu le Kabyle, engag&#233; au FLN prisonnier du DOP, chair &#224; g&#233;g&#232;ne. Quelque chose comme une amiti&#233; semble na&#238;tre entre les deux hommes. Impossible bien s&#251;r en un tel endroit, en un tel moment. Ils se retrouveront cinquante ans plus tard, avec le troisi&#232;me larron cogneur. L'intrigue tient, mais la r&#233;ussite de Varenne est bien ailleurs, dans une tr&#232;s belle et puissante r&#233;flexion sur la m&#233;moire et l'oubli. De quoi veut-on ou peut-on se souvenir ? Est-on capable de trier, de se construire sur un pass&#233; trou&#233;, expurg&#233; ? Interrogations valables pour les personnages, mais &#233;videmment pour notre soci&#233;t&#233; toute enti&#232;re. Le tout est port&#233; par une &#233;criture qui s'affine et s'affirme encore plus que dans &lt;i&gt;&lt;a href='http://www.polars.org/spip.php?article357' class='spip_in'&gt;Fakirs&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;. Le styliste Varenne &#233;pure, t&#226;che de simplifier sans perdre son originalit&#233; et sa puissance. Ce qui est tout sauf simple. Alors oui : &lt;i&gt;Le Mur&#8230;&lt;/i&gt; se classe dans les tout meilleurs romans fran&#231;ais de l'ann&#233;e. Pas moins.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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